En fouillant dans le grenier de son grand-père, Hikaru Shindo, accompagné de sa voisine et amie Akari Fujisaki, trouve un vieux goban (un plateau pour jouer au go) dont il pense tirer une petite fortune.
En effet, notre héros est un jeune cancre nonchalant qui ne reçoit plus d’argent de poche à cause de ses notes catastrophiques. Or, il s’avère que le goban est habité par l’esprit d’un fantôme bienveillant : Sai Fujiwara. Celui-ci enseignait le go à un empereur pendant l’ère Héïan (764 - 1185). mais suite à une partie perdue, et ostracisé par le tenant du pouvoir, il se suicide. Cependant, son esprit passionné de go et en quête du « coup divin » hante un goban, à la recherche d’un être qui lui permettrait d’assouvir sa passion pour ce jeu.
Hikaru est le seul à pouvoir voir et entendre le spectre. Et Sai, pour pouvoir s’adonner au go va donc pénétrer l’esprit du jeune garçon. Cependant, Hikaru ne connaît rien à ce jeu, s’il est d’abord récalcitrant, il va tout de même accepter de s’inscrire à un club de go pour permettre à Sai de jouer. C’est en jouant un jour contre le fils du célèbre Touya-Meïjin (un joueur de go exceptionnel !) : Akira Toya, qu’Hikaru va sérieusement penser à se consacrer au go et se révéler être un véritable génie !
Le phénomène HIKARU NO GO
Avec plus 15 millions de mangas vendus au Japon, Hikaru No Go est un succès ! Il était clair que la télévision allait s’emparer du phénomène ! Au Japon, l’animé bat des records d’audimat ! De même, dans notre petit hexagone, le raz-de-marée Hikago continue : le premier volume en est à sa deuxième réimpression et le premier tirage du volume 2 a été écoulé en moins de dix jours !
On joue au go comme Hikaru, on s’habille comme Hikaru… espérons que ce phénomène ne décrédibilise pas ce manga passionnant et le mette au rang de Yu-Gi-Oh !
Hikaru Shindo est un écolier nonchalant et irrévérencieux qui apparaît comme un cancre au début du manga (où il est alors en sixième). Il a un look très spécial avec des mèches de cheveux décolorées. Il est loin d’être un petit saint et ne cesse de répondre à sa mère, de soutirer de l’argent à son pauvre grand-père et d’être désagréable, voire franchement méchant avec Akari. Bref le type même de héros de manga moderne ! Bien sûr il se révèle être extraordinaire lorsque Sai apparaît devant ses yeux ébahis, puisque l’esprit tourmenté du fantôme n’habite que des génies du go !
Cependant notre héros, qui pensait que le go était un jeu pour vieillards va commencer à s’y intéresser quand il rencontrera le jeune prodige Toya Akira, son éternel rival. Celui-ci, en lui peignant un monde de go dur et impitoyable, réveillera un semblant d’intérêt dans le cœur d’Hikaru. Voici notre héros plongé dans le go, qui deviendra sa seule passion, son unique but. Il devient ainsi l’élève du fantôme, son gakusei, alors que Sai est son maître : Sensei. Ainsi sous l’égide de Sai, il va connaître victoires mais aussi défaites. Leur amitié longue et solide va faire évoluer Hikaru (du collège au lycée…), sous l’œil amusé du lecteur.
Sai Fujiwara est un fantôme au destin tragique. A 34 ans, après avoir perdu lors d’un match décisif, et avoir été accusé à tort de tricherie, il décide de se suicider, mais son esprit passionné de go va hanter un goban. Il va ainsi posséder l’esprit de Honïnbo Shusaku de l’époque Edo (XVIIe siècle-XIXè siècle au Japon), le plus grand spécialiste de go de tous les temps. Puis, après mille ans d’emprisonnement, il découvre Hikaru, qui lui redonne une chance de jouer au go. Il n’a de cesse de jouer éternellement à ce jeu, pour pouvoir découvrir du « coup divin ».
Si Sai est un génie du go, il n’en garde pas moins une fraîcheur, une vivacité, une modestie, qui en font un personnage attachant. Il est le pendant négatif d’Hikaru et apparaît comme un être touchant, sensible. Sa passion pour le go l’infantilise et il ne cesse d’harceler Hikaru pour jouer. C’est pourtant lui qui « éduquera » Hikaru, que ce soit en go ou en relations sociales. A son contact, le jeune garçon semblera trouver son équilibre. Peut-être plus qu’un ami, Sai apparaît comme une figure paternelle, qui ne cessera de veiller sur Hikaru et de le protéger.
Akira Toya est un prodige du go. Il est le fils de Toya-Meijin (Meïjin est un des titres attribué au vainqueur d’un tournoi national de go), un joueur exceptionnel et reconnu. Ainsi, sous l’égide de son père, il a appris à jouer au go dès l’âge de 2 ans. Il est alors très en avance par rapport à Hikaru, puisque ce dernier n’a commencé le go qu’à l’âge de 11 ans (et encore il était forcé par Sai !). Cependant, Akira est souvent considéré comme le fils de « Toya Sensei », il veut alors se frayer lui-même un chemin dans le monde des pros. C’est Shindo qui lui donnera le courage de commencer à se battre. Shindo qui se révèlera être son rival numéro un, la seconde étoile montante du go.
Akira est tout à fait différent d’Hikaru. Il est gentil, sensible, poli (autant de qualités qu’Hikaru ne paraît pas avoir au début !). Il admire également profondément son père qui lui paraît être l’archétype de la réussite. Si Akira chasse Sai en Hikaru (puisque c’est Sai qui joua contre Akira les deux premières fois) il finira par sentir la présence de plus en plus pressante de la puissance d’Hikaru. Ainsi, le jeune homme pressent qu’une partie entre Hikaru et lui sera la clé pour posséder le « coup divin » (le vieux Kuwabara-sensei pensera la même chose lui qui avouera « Le go se joue à deux !Il faut deux personnes de même génie pour pouvoir s’approcher du coup sacré ! »)
Akari Fujisaki est la voisine et la meilleure amie d’Hikaru (du moins au début du manga). Toujours joviale, elle sera sans cesse aux côtés d’Hikaru et entrera même dans le club de go du lycée à ses côtés. On comprend assez vite qu’elle est amoureuse du héros (seul lui ne s’en aperçoit pas !) Elle le soutiendra tout le temps et sera toujours là pour lui.
Cependant, Akari reste un personnage secondaire, elle n’apparaît qu’au second plan de l’intrigue. Elle restera assez étrangère au nouveau monde de go dans lequel va se plonger Hikaru, et d’ailleurs celui-ci ne daignera pas lui faire partager son univers. Or, Akari pardonnera toujours à Hikaru ses méchancetés et sa mauvaise foi. C’est un personnage positif et lumineux, qu’on regrette ne pas voir beaucoup dans le manga, comme dans l’animé. Mais on ne peut reprocher ceci à Yumi Hotta. En effet, la scénariste peint l’univers d’Hikaru et pour l’instant celui-ci ne s’intéresse pas aux filles, ainsi Akari passera au deuxième plan du manga comme elle passe au deuxième plan dans le cœur d’Hikaru, passionné de go !
L’Animé
Surfant sur le succès du manga, le studio Pierrot ne prit pas de risque en se chargeant d’animer l’œuvre de Yumi Hotta et de Takeshi Obata. Ce studio ne nous est pas inconnu, il réalisa en effet de nombreux animés à succès comme Kimagure orange road, les mystérieuses cités d’or et plus récemment, Naruto, Get Backers…
Les petits fans d’Hikaru No Go se levaient ainsi tous les mercredi matins pour voir un épisode d’Hikaru no Go qui passait à 7h27 du matin. L’animé était suivi de cinq minutes de cours de la belle Yukari Umezawa, qui tentait tant bien que mal, pendant cinq minutes, de leur apprendre le go dans la rubrique Go,Go, Igo !L’animé est finalement assez fidèle au manga. Il est bien évident que la série a été édulcorée pour permettre une diffusion à cette heure de grande écoute : puisque c’est l’heure où tous les japonais prennent leur petit-déjeuner en regardant les animés du matin.
Ainsi nous pouvons remarquer certaines différences entre le manga et l’animé. Par exemple, lorsque Hikaru rencontre pour la première fois Kaga, celui-ci est un petit rebelle qui fume et (outrage suprême !) éteint sa cigarette sur le plateau de go ! Bien sûr, dans la série, pour ne pas montrer aux petits japonais des élèves de lycée qui fument, on voit Kaga qui mâche un chewing-gum et colle celui-ci sur le goban. De même, le grand père d’Hikaru, qui apparaît dès le début du manga n’apparaît que beaucoup plus tard dans l’animé !
L’animé avec un design très léché est une petite merveille ! Les couleurs employées sont très vives (comme vous pouvez le voir…) et traduisent parfaitement, à mon avis, le caractère jovial d’Hikaru. Celles-ci permettent de caractériser les personnages voire des périodes de l’histoire. Ainsi Sai, se remémorant d’anciens souvenirs joyeux, est souvent peint avec des teintes automnales. Le manga et l’animé se complètent finalement et qui aime le manga sera passionné par l’animé. Les personnages sont magnifiquement travaillés ainsi que les décors. Que du bonheur en perspective !
Cependant, ne nous attendons pas, nous, pauvres fans français, à voir cet animé sur nos écrans, à moins que le go devienne le jeu numéro un en France, je doute fort que la série soit diffusée un jour !
La Prof de GO
Nous ne pouvons pas non plus oublier de citer la charmante professeur de go qui conseille et coordonne les jeux de go, dans le manga.. Il s’agit de Yukari Umezawa, joueuse professionnelle de Go (5ème dan) et mannequin à ses heures. C’est elle qui anime, après chaque épisode d’Hikaru No Go, la rubrique Go Go Igo ! où elle tente, en compagnie de deux jeunes acolytes, d’expliquer les règles du jeu aux téléspectateurs. Ainsi, non seulement les planches d’Hikaru No Go sont belles et suivent une intrigue passionnante mais les parties de go sont également authentiques, puisqu’elles sont supervisées par des spécialistes (même si nous, pauvres lecteurs incultes n’y comprenons rien !^^)
Critique
Dessin :
19.5/20 (pour ne pas mettre 20 !^^)
Comment ne pas être enthousiasmé par les dessins magnifiques de Takeshi Obata ?! Non, les splendides couvertures d’Hikaru no Go (ou Hikago pour les passionnés) ne sont pas des leurres ! Les planches du maître sont à couper le souffle !
Celui-ci a réussi la mission impossible de donner vie à ce jeu vieux de plusieurs siècles. En effet, aux premier abord, le jeu n’a rien d’attractif (imaginez-vous un manga sur les échecs.. pas terrible, non ?!) pourtant le lectorat en redemande ! En effet, l’art d’Obata-sensei est unique ! Les traits se rejoignent, se recoupent pour créer du mouvement, sous nos yeux, comme par magie. Les regards des personnages s’animent et s’affrontent. Qui, avant Hikaru no Go, aurait pensé que poser une pierre sur un plateau de go était du sport ?
La mise en scène est parfaite, le lecteur semble être à l’intérieur même de l’action. Nul doute alors que l’adaptation du manga en animé se soit imposée d’elle-même. Jugez plutôt, par ces planches la vigueur, le dynamisme, la beauté du dessin de Takeshi Obata !
Il faut également prendre en compte une galerie de personnages magnifiquement bien travaillée. Nul risque de confondre tous les caractères, chacun est original, les yeux sont dessinés différemment, la forme du visage etc… L’évolution d’Hikaru est également ahurissante. Du gamin joufflu qu’on connaissait, Obata sensei parvient à dessiner un Hikaru plus mature, plus grand, qui se métamorphose de l’enfant à l’adulte sous nos yeux ébahis !
Les décors et arrière-plans sont également superbement travaillés.
Avec Hikaru no Go, Takeshi Obata a créé de l’art, pur, beau, technique, magnifique… tout simplement !
Fun - Intérêt :
18/20
L’histoire est palpitante. Voir Hikaru évoluer est passionnant. Sans être forcément drôle, le manga est captivant. Yumi Hotta, comme Takeshi Obata savent préserver quelques instants comiques dans le manga. Cependant, on ne rit pas à toutes les pages, mais certains personnages font office de « clowns » (comme Waya à l’institut de go ou encore le plus souvent Hikaru avec ses réactions d’enfant rebelle). Le style de Takeshi Obata souligne parfaitement le changement de caractère des personnages qui peuvent être dessinés avec beaucoup de rigueur ou avec des traits comiques.
Il y a également les petits intermèdes mettant en scène les péripéties de Yumi Hotta, qui sont assez drôles, où la scénariste dessine ses aventures et ses tribulations.
Toutefois le but d’Hikaru No Go n’est pas d’être un manga comique, mais surtout de peindre la rivalité entre les personnages, de mettre en scène des valeurs positives (amitié, curiosité..) et de critiquer certaines attitudes (tricherie, égoïsme…) Le lecteur ne peut s’empêcher de savoir la suite des évènements et c’est ce qui fait la force d’Hikago.
Scénario :
17/20
On se laisse rapidement prendre par l’histoire. Certains ont pu établir des parallèles entre Hikaru no Go et Yu-Gi-Oh. Il est vrai que les deux histoires peignent des univers de jeux et que les héros ont les cheveux décolorés, sont petits, et s’ils sont asociaux au début, ils se révèlent avoir des tas d’amis et sont l’un et l’autre habités par des fantômes …
Cependant, Yumi Hotta est trop intelligente pour faire du plagiat. Dès l’arrivée d’Akira, l’intrigue rebondit et prend une direction nouvelle. Le scénarii va être basé sur la rivalité entre Akira et Hikaru, mais également entre Sai et Toya-Meïjin.
Or, les parties importantes sont repoussées pour plus de suspens. S’il est vrai que le lecteur peut ainsi voir l’évolution de Hikaru, l’apprentissage peut parfois paraître long pour les non-inconditionnels du go. Toutefois, Yumi Hotta (avec l’aide appréciable de Takeshi Obata) en fait une histoire captivante. Il n’est nul besoin de savoir jouer au go pour se plonger dans l’univers d’Hikaru.
De plus les personnages secondaires sont captivants. Quand Hikaru va devenir Insei (c’est dire rentrer dans une école spécialisée dans le go), il va rencontrer de nombreux personnages, tous différents les uns des autres et particulièrement attachants. Yumi Hotta s’appuie sur tous ces personnages pour créer une bonne intrigue. La transformation d’Hikaru au contact du monde impitoyable du go est également bien trouvée, de même que l’amitié entre Sai et Hikaru. Les rebondissements sont nombreux et appréciables.
Toutefois, en laissant traîner mes oreilles j’ai cru entendre que la fin d’Hikaru était quelque peu étrange. Je ne peux vous en dire plus. Cela dit, si le récit d’Hikaru est intéressant et captivant, les longueurs dans les parties et la fin originale ne peut me permettre de mettre plus de 17 au scénario de la talentueuse Yumi Hotta.
Intérêt global du manga :
92%
N’ayez pas peur : le Go n’est pas un univers inaccessible, et Yumi Hotta comme Takeshi Obata en ont fait un manga magnifique ! Les dessins d’Obata-sensei sont remarquables, époustouflants de dynamisme et de technique : du grand art ! Quand à Yumi Hotta, elle s’en sort bien pour un premier scénario ! Toute fois on pourra regretter la fin du manga (non je ne dirai rien !) et parfois la longueur de la poursuite des rivaux.
Cependant, Hikaru est un manga à part, comme le montre l’engouement qu’il a provoqué au Japon et déjà en France. Les personnages sont attachants et l’histoire est, somme toute, passionnante !
Pour ceux qui achèteront le premier tome, faites attention à ne pas devenir fans ! Hikaru No Go va devenir un incontournable dans votre bibliothèque !
Auteur
Ce magnifique manga est le fruit des efforts combinés du talentueux dessinateur Takeshi Obata et de la géniale scénariste Yumi Hotta.
Yumi Hotta est à l’origine de la passionnante intrigue d’Hikaru No Go. Alors qu’elle n’est encore qu’amatrice, elle décide de participer au concours de scenarii organisé par la maison d’édition Shueishua. C’est avec son histoire s’intitulant Les Neuf Etoiles (ancêtre d’Hikaru No Go), qu’elle gagne le premier prix de cette compétition avec force lauriers et compliments. L’éditeur décide donc de publier ce récit en le rebaptisant Hikaru No Go (en français : le Go d’Hikaru).
Takeshi Obata, (également connu sous le nom de Ken Obata ou de Ken Obatake), quant à lui, est un dessinateur chevronné qui a déjà plusieurs mangas à son actif, comme Rampou le génie au point d’acier (Arabian Majin Bokentan Lamp Lamp) plutôt d’un genre héroïc fantasy avec un univers peuplé de djinns et de génies, et Ningyô Zôshi Ayatsuri Sakon (en anglais, Tales of Puppet master Sakon). Pour ces deux mangas, Takeshi Obata ne travaille pas seul et partage la vedette avec un scénariste.Obata est également connu pour avoir été le « maître » de Nobuhiro Watsuki (l’auteur du célèbre Rurouni Kenshin). Ce dernier admettra même l’influence d’Obata-sensei sur ses dessins !
Toujours est-il qu’Obata est à la recherche d’une histoire quand Shueisha lui propose d’adapter le scénario de Yumi Hotta. Or, le dessinateur est passionné de go et s’empresse donc d’accepter ! Les deux talentueux artistes s’allient donc pour nous offrir un manga qui ne pouvait être que brillant aussi bien par son scénario que par ses dessins.