Marre des jeux aux couleurs étincelantes ? Des personnages ayant toujours le sourire ? Des « happy end » ? Des jeux pour gamins quoi… Alors fermez les volets, plongez-vous dans le noir, et découvrez la saga Silent Hill. Forte d’univers tourmentés, de personnages plus qu’ambigus et d’ambiances angoissantes, dégoût et attirance en sont les deux mots d’ordre…
Silent Hill
Tout commence quand Harry Mason arrive dans la petite ville de Silent-hill à bord de sa voiture et accompagné de sa fille unique et chérie : Cheryl. En pleine nuit, un accident met fin au voyage. Harry se réveille dans sa voiture, Cheryl a disparu et un étrange brouillard recouvre la petite bourgade alors infestée de créatures décharnées et avides de chair fraîche.
Sorti sur Playstation en juillet 1999 et concocté par l’équipe de Konami, Silent Hill, premier du nom, a su imposer sa marque dans la famille « grandissante » des survivals horror, et ce malgré le succès de Resident Evil déjà paru. Mais Silent Hill n’est pas une bête défouloir où l’on explose du zombie tous les 2 mètres. Là où il se démarque, c’est tout d’abord par son histoire tramée, bien ficelée, impliquant fortement le joueur tant il se met à la place du pauvre Harry. Ensuite il se démarque par son ambiance inique, quasi glauque, qui en rebuté plus d’un. Cette ambiance est due à des mouvements de caméra audacieux et à des cadrages cinématographiques. _ L’environnement apporte également énormément à cette atmosphère, les détails sont omniprésents et dérangent : chaise roulante renversée avec une roue qui tourne toute seule en continu, corps attachés aux murs barbelés, murs suintants, écriture au sang… Les décors arpentés possèdent deux caractéristiques dues à des contraintes scénaristiques et techniques. Soit on est en plein jour, et la ville est recouverte par un épais brouillard, ou alors c’est la nuit et il fait noir. Dans les deux cas on ne voit pas très loin, ce qui évite au moteur 3D de gérer les décors lointains et contribue aussi à installer l’atmosphère oppressante du jeu. Les musiques quant à elles ne sont là qu’aux moments clés du jeu, laissant ainsi part aux bruits de créatures et des personnages.
Silent Hill a su gagner ses galons du survival horror, et ce malgré quelques détails un peu « gros » : une belle mite géante, un personnage qui a du mal à courir… ^_^
Silent Hill Play Novel
Uniquement sorti au japon, il y a peu de chance que ce jeu GBA arrive un jour dans nos contrées. Reprenant l’intrigue de Silent Hill (playstation), ce « portage » n’a rien de formidable car il s’agît en fait d’un film interactif où les seules actions accomplies sont de répondre à des questions ou bien, faire des choix… De plus, le jeu de finit paraît-il entre 20 minutes et 1 heure…
Cependant j’ai pu voir tourner quelques images du jeu, et je peux dire que c’est très beau, presque comme sur Playstation ! C’est qu’elle en a dans le ventre la petite GBA ^_^
Silent Hill 2
La vie de James Sunderland se brisa après la mort tragique de sa jeune épouse, Mary. Trois ans plus tard, il reçoit une lettre mystérieuse de Mary lui demandant de retourner dans un lieu remplit de souvenirs, la ville de Silent-hill. A présent, James doit se rendre de nouveau dans cet endroit maléfique afin de découvrir toute la vérité…
Sorti le 23 novembre 2001, Silent Hill 2 avait pour dure tâche de prendre la succession de Silent Hill, ce qu’il réussit avec succès. Les graphismes ont évidemment été revus à la hausse (et ouais ! on est sur PS2 et PC…), le brouillard est quasi réaliste et ne sert plus à masquer les incapacités techniques de la console, mais participe pleinement à l’ambiance. Les décors sont hyper détaillés et disposent d’un grain particulier renforçant l’aspect glauque du titre. Prison, hôtel vide, hôpital, forêt…sont les lieux à parcourir. Imaginez-vous par exemple dans une cours de prison avec en son centre une potence d’exécution et des cris plaintifs tout autour de vous sans que vous n’y aperceviez personne. Ou bien vous traversez le sentier d’une forêt qui est tellement long que vous ne pouvez faire marche arrière, d’autant plus que des gémissements de bêtes et des bruits de pas vous suivent… Vous l’avez compris, outre les décors, les bruitages sont extraordinaires et augmentent le sentiment d’angoisse qui frappe immanquablement les joueurs que nous sommes. Les musiques quant à elles sont sublimes, tantôt archaïques, tantôt mélodiques, elles rythment le jeu et collent parfaitement aux événements (écoutez l’OST, vous ne le regretterez pas).
Mais le plus gros effort du jeu a été fait sur les montres et personnages, évocateurs de la mort et du sexe, ciblant donc le joueur qui se retrouve, en permanence dans sa vie de tous les jours, face à ces deux domaines. Les montres sont en fait des humains déformés, plus choquant que des montres « banals », et ces « morts-vivants » ne manquent pas d’adopter des positions suggestives plus dérangeantes qu’autre chose… Les personnages quant à eux sont tous intéressants et c’est plus à un jeu psychologique qu’à un survival horror auquel nous avons à faire. L’ambiguïté de certains personnages provoque une confusion totale qui à la fois dérange et attire.
Pour ma part, ce jeu m’a tellement bouleversé, fait réfléchir et intrigué qu’il est le meilleur auquel j’ai joué malgré un gameplay rebutant.
Par ailleurs, il est notable que Konami a fait des efforts en proposant avec le jeu le making-of et des bonus bien faits et intéressants.
Silent Hill : Director’s cut (PC) / Restless dreams (PS2) / Inner fires (XBOX)
Et oui, un même jeu, 3 noms. Les versions PC et XBOX déjà sorties en France, la version PS2n’est encore à ce jour sortie qu’au japon. Rien de bien novateur dans ce titre qui reprend l’histoire de Silent Hill 2 « la lettre de Silent Heaven » mais qui propose tout de même un nouveau scénario « né de l’imagination » où le joueur incarne Maria, le personnage le plus ambigu du jeu, avant sa rencontre avec James Sunderland. Malgré cela la durée de vie du jeu n’augmente que d’une heure environ mais les fans trouveront dans cette « suite » une fin supplémentaire et des informations inédites sur Maria.
Silent Hill 3
Vous êtes Heather, une jeune femme à l’air amorphe, qui semble déambuler dans le jeu telle un zombie. Le regard vide, les bras tombants, elle se verra accoster très rapidement par Douglas, un détective qui compte lui révéler ses origines…
Tout récent, sorti le 23 mai 2003, ce jeu est une véritable claque graphique et surpasse Silent Hill 2. Les décors sont d’une beauté macabre, toujours très détaillés, et ne laissent pas indifférent : parc d’attraction morbide, maison hantée, hôpital, église… avec bien sûr des murs suintants le sang et la crasse. Le moteur du jeu est excellent avec des détails dans les expressions faciales jamais alors atteints sur PS.
Se référant plus à Silent Hill qu’à Silent Hill 2, le côté psychologique disparaît alors un peu et c’est le côté glauque qui ressort le plus. Ainsi les dévellopeurs ont conçu des atrocités, des scènes de terreur qui nous renvoient à notre vie de tous les jours : un simple fauteuil roulant vous dérangera nerveusement, un téléphone sonnant dans une pièce silencieuse vous fera sursauter, votre peur infantile du noir resurgira même.
Pour ce qui est des musiques, elles sont magistrales, œuvres du grand Yamaoka Akira, déjà compositeur des deux volets précédents. Les bruitages sont également excellents et plongent le joueur dans une angoisse insoutenable : pleurs de fillette, bruits imperceptibles entourant le joueur…
Plus orienté action, du moins aux premières heures de jeu, et faisant de nombreuses références à Silent Hill et laissant de côté Silent Hill 2, ce dernier épisode reste un hit bien que moins surprenant et passionnant que le deuxième volet.